Monsieur le Président,

La Suisse remercie le Mexique pour l’organisation de ce débat.

Le détournement et la prolifération illicite des armes et munitions alimentent les conflits dans le monde. Pour assurer la protection des civils, du personnel humanitaire et des casques bleus ainsi qu‘une paix pérenne, nous devons toutes et tous contribuer à prévenir les flux illicites et réduire la demande d’armes et de munitions. Le Conseil de sécurité peut jouer un rôle important en portant une attention particulière à trois éléments :

Mon premier point concerne la capacité d’analyse des missions onusiennes. La quantité et la diversité des armes et de munitions en circulation sont de bons indicateurs d’une menace contre la paix et la sécurité internationales. Or, il est important que les missions prennent davantage en compte ces indicateurs dans leur analyse des risques. C’est pour cela que la Suisse soutient l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement dans le développement d’un outil analytique de risques spécifiques aux armes. La Suisse appelle donc le Conseil de sécurité à renforcer les capacités d’analyse des risques des missions onusiennes en la matière.

Deuxièmement, nous devons promouvoir l’innovation dans le cadre des processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR). Par exemple, l’ONU a développé l’instrument de « réduction de la violence communautaire ». Cet outil innovant permet de réduire la circulation et la demande d’armes illicites et d’aborder les moteurs des conflits dans des contextes où un programme DDR traditionnel n’est pas encore possible. Dans ce cadre, il est essentiel de répondre aux besoins de protection spécifiques des femmes et des enfants et de les inclure comme agents de changement dans les mesures de réduction de violence communautaire. Le Conseil de sécurité devrait plus systématiquement considérer ces mesures lors qu’il mandate des missions. La Suisse, pour sa part, continuera de mettre à disposition des experts en DDR en appui au Secrétariat et aux missions.

Troisièmement, des capacités nationales durables sont clés pour prévenir le détournement d’armes et de munitions et mieux mettre en œuvre les embargos d’armes. Ceci requiert que l’ONU et ses Etats membres aident les états hôtes de présences onusiennes à renforcer leur expertise technique, ainsi que leurs structures, processus et capacités organisationnelles. Un tel soutien permettra d’institutionnaliser ce savoir-faire. En ce qui concerne la gestion sûre et sécurisée des munitions, les Directives techniques internationales de l’ONU sur les munitions fournissent une approche robuste, reconnue par la résolution 2220(2015). Lorsqu’il mandate des missions, le Conseil de sécurité devrait accorder une attention particulière au renforcement des capacités nationales durables. La Suisse continuera de soutenir le développement ultérieur de ces directives ainsi que leur mise en œuvre dans les états concernés.

Monsieur le Président,

Combattre les flux illicites d’armes et de munitions et leur abus est essentiel pour la paix, la sécurité et le développement durable. Le Conseil de sécurité devrait donc considérer ces défis pour l’ensemble de son ordre du jour. En tant que candidate au Conseil, la Suisse continuera à s'engager pour une approche intégrée de cette question dans l’esprit de l’Agenda pour le désarmement du Secrétaire général, dans lequel il souligne : « Nous devons nous recentrer sur le désarmement pour sauver des vies ».

Je vous remercie.