Diese Stellungnahme wurde auf Französisch gelesen. Die Schweiz spricht im UN-Sicherheitsrat immer auf Französisch. Es ist die einzige Sprache, die sowohl offizielle Sprache der Vereinten Nationen als auch eine Landessprache der Schweiz ist.
Merci, Madame la Présidente.
Je voudrais également commencer par remercier l’Envoyé spécial Hans Grundberg de son briefing, mais aussi lui et son équipe de tout le précieux travail effectué et de l’excellente coopération pendant les deux dernières années. Je voudrais aussi souhaiter une chaleureuse bienvenue à Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence, et lui assurer de la coopération de la Suisse. Nous allons certainement toujours, même quand nous ne serons plus au Conseil, soutenir le droit international humanitaire, nous resterons une grande donatrice d’OCHA et nous avons aussi la Genève internationale comme centre opérationnel de l’humanitaire à votre disposition. Bien entendu, j’aimerais aussi remercier M. Al-Omeisy d’avoir eu le courage de partager ses souffrances et son destin avec nous ici, au Conseil, aujourd’hui. Merci beaucoup.
Lors de la première intervention suisse au Conseil sur la situation au Yémen, nous saluions la trêve prévalant alors entre les parties. La feuille de route présentée par l’Envoyé spécial Hans Grundberg en décembre 2023 nous avait rempli d’espoir. Nous saluions alors l'engagement des parties en faveur d’une feuille de route visant à mettre en œuvre un cessez-le-feu, à améliorer les conditions de vie au Yémen et à préparer la reprise d'un processus politique inclusif sous les auspices de l'ONU. La Suisse a soutenu cette dynamique positive à chacune de ces étapes.
Ces développements positifs semblent désormais bien loin, on vient de l’entendre. Depuis plus d’une année, nous avons assisté à une reprise inquiétante des attaques au sein et depuis le Yémen, ainsi qu’en mer Rouge. Les attaques de ces derniers jours, dont une frappe de drone à Taïz ayant tué six civils et blessé huit autres, soulignent l’urgence d’agir. Ces événements nous rappellent notre objectif fondamental : une solution politique inclusive, négociée sous l’égide des Nations Unies. L’escalade, tout comme le statu quo, n’offrent aucune perspective viable. C’est pourquoi nous renouvelons notre plein soutien à l’Envoyé spécial Hans Grundberg et à sa feuille de route, qui constitue une base solide pour avancer vers une paix durable. Comme par le passé, nous nous tenons à disposition pour accueillir des pourparlers sous l’égide de l’ONU.
Seule une solution politique garantira un avenir serein à la population yéménite. Nous le devons, en particulier aux enfants yéménites, qui continuent de subir les conséquences dévastatrices de ce conflit. Les graves violations documentées à leur encontre – meurtres et atteintes à l’intégrité physique, recrutement, attaques contre les écoles et hôpitaux, ou obstacles à l’aide humanitaire – exigent des actions décisives. Ces violations doivent cesser. La Suisse s’engage à cet effet au travers du groupe des amis sur le sujet ”enfants et conflits armés” au Yémen que nous co-présidons avec la Norvège. Nous contribuons également au mécanisme de surveillance et de communication sur les violations graves. Nous appelons aussi à la reprise des discussions pour l’échange de prisonniers, dont certains sont mineurs. Ceux-ci doivent bénéficier d'une attention particulière. Leur libération est une priorité absolue.
Les effets du changement climatique, comme les inondations ou les sécheresses, précarisent aussi l’avenir de millions de Yéménites. Depuis 2015, des événements extrêmes liés au changement climatique, ont renforcé la crise humanitaire et déplacé 4,5 millions de personnes. Le changement climatique agi comme un multiplicateur de risques, redoublant la vulnérabilité de la population, entraînant la compétition pour des ressources, et nourrissant ainsi le conflit. Une paix durable passe aussi par le renforcement de la résilience des communautés et des solutions qui répondent aux impacts combinés du conflit et du changement climatique.
Principalement due au conflit armé qui ravage le pays depuis plus d’une décennie, et exacerbée par le changement climatique, la situation humanitaire désastreuse, engendre un terreau propice à la violence. Dans ce contexte, le rôle des acteurs et actrices humanitaires au Yémen est d’importance cruciale. Pourtant, leur travail est gravement entravé et leur sécurité reste précaire, comme en témoigne la détention prolongée et arbitraire de membres du personnel humanitaire et onusien par les Houthis depuis maintenant 6 mois. La Suisse condamne fermement ces détentions et appelle à leur libération immédiate et inconditionnelle. Comme le rappelle la résolution 2730, ce personnel est protégé par le droit international humanitaire.
Madame la Présidente,
Je terminerai sur ces mots : il n’y a pas de fatalité. Où il y a de la volonté politique, il y a espoir de changement. Ce Conseil doit garder le Yémen – et surtout la population civile du Yémen - au centre de son attention malgré les turbulences régionales. Il doit continuer à œuvrer pour la paix, afin d’en faire une réalité tangible pour les générations futures. Et pour ce faire, il doit rester uni !
Je vous remercie.