Monsieur le Président,

Merci pour l’organisation de ce débat. Les conséquences du changement climatique sur la paix et la sécurité internationales sont profondes. Elles peuvent provoquer des conflits ou aggraver ceux qui existent déjà. Lors de ma visite de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest au début de ce mois j’ai pu voir de mes propres yeux les effets du changement climatique. La région du Sahel se réchauffe par exemple plus vite que la moyenne mondiale. La Suisse vient d’adopter sa première stratégie de politique extérieure pour l’Afrique subsaharienne. Notre Pays confirme ainsi l’importance croissante du Continent africain, dans toutes ses diversités. Les conséquences du changement climatique nous poussent à vouloir renforcer la résilience de la population. En Afrique de l'Ouest – comme au Moyen-Orient et en Asie centrale - nous poursuivons par exemple l'initiative Blue Peace. Une bonne gestion commune des ressources en eau réduit les tensions et favorise des relations stables entre les États.

Nous appelons ainsi le Conseil de sécurité à renforcer son engagement sur les trois axes suivants :

Premièrement, la prévention des conflits. La mise en œuvre de l'Accord de Paris est une priorité. Nous saluons le fait que tous les membres du Conseil soient parties à cet accord.

Nous devons atteindre la neutralité carbone. Notre gouvernement a fixé cet objectif pour 2050.

Deuxièmement, l’intégration des risques du changement climatique dans ses décisions, y inclus les mandats de missions de la paix. En tant que présidente du Groupe d’amis de la Protection des Civils, la Suisse enjoint au Conseil et aux États membres de renforcer la protection de la population également dans les conflits causés par les risques climatiques. Avec ses partenaires, la Suisse a publié à New York les résultats d’un projet digital pour visualiser les liens entre changement climatique et situations de conflit en Afrique de l’Ouest. Ce type d’innovation scientifique peut mieux orienter l’action du Conseil. 

Troisièmement, l’intégration des recommandations d’autres organes onusiens, des acteurs concernés et de la société civile. La Commission pour la consolidation de la paix a ici un rôle-conseil important à jouer. La Suisse est fière de promouvoir le dialogue entre les acteurs, notamment à Genève. Je pense ici à la Geneva Peace Week et à toute initiative qui intégre les questions liées à l'environnement et au climat dans les projets de paix et vice-versa. La Suisse est active sur l’ensemble de ces trois axes, pour atténuer les risques liés au changement climatique. Et nous le ferions aussi en tant que membre du Conseil de sécurité, auquel notre Pays est candidat pour la toute première fois.

Monsieur le Président,

Pour conclure, j’aimerais saluer l’opportunité de fournir cette déclaration vidéo, qui rend possible une participation directe des Etats non-membres du Conseil de sécurité en ces temps de pandémie. La Suisse appelle le Conseil à poursuivre cette pratique et s’engage pour des améliorations des méthodes de travail du Conseil.

Je vous remercie.

 

L'enregistrement vidéo de cette déclaration par S.E. Ignazio Cassis, Chef du Département fédéral des affaires étrangères, peut être visionné ici.